Le cinéaste camerounais Bassek Ba Kobhio, fondateur du Festival Écrans Noirs, s’est éteint le 12 mai 2026 à l’âge de 69 ans. Il laisse derrière lui une œuvre marquante et un engagement profond pour le développement du cinéma africain.
Né le 1er janvier 1957 à Nindjé, dans la région du Littoral au Cameroun, Bassek Ba Kobhio était à la fois sociologue, philosophe, écrivain et cinéaste. Il se fait d’abord connaître dans le monde littéraire avec son roman Sango Malo, le maître du canton, publié en 1981, qu’il adapte lui-même au cinéma en 1991.
LES DÉBUTS AU CINÉMA
Ce film marque le début d’une carrière cinématographique engagée et lui vaut, en 1992, le Prix du public au Festival du cinéma africain de Milan, en Italie. Au fil des années, il s’impose comme une figure majeure du 7e art en Afrique, avec des œuvres telles que Le Grand Blanc de Lambaréné (1993), relecture critique du mythe Albert Schweitzer, ou encore Le Silence de la forêt (2003).
À travers ses films, il explore des thématiques sociales, culturelles et politiques, contribuant à affirmer une identité cinématographique africaine forte. Son influence dépasse le cadre de la réalisation : il est notamment cité parmi Les 50 personnalités qui font le Cameroun par Jeune Afrique en 2009.
Au-delà de ses réalisations, Bassek Ba Kobhio a joué un rôle déterminant dans la structuration de l’industrie cinématographique en Afrique centrale. Il fonde la société de production Teranga Films et crée, en 1997, le Festival Écrans Noirs, devenu au fil des années un rendez-vous incontournable. Convaincu que le développement du secteur passe par la formation, il met également sur pied l’Institut Supérieur de formation aux métiers du Cinéma et de l’Audiovisuel de l’Afrique Centrale (ISCAC), dédié à la formation des professionnels du 7e art.
LE FESTIVAL DES ÉCRANS NOIRS, SON HÉRITAGE

Le Festival des Écrans Noirs est aujourd’hui, l’un des plus grands rendez-vous cinématographiques d’Afrique centrale. Basé à Yaoundé, au Cameroun, ce festival a pour mission de promouvoir la diversité culturelle, soutenir la diffusion du cinéma africain et sensibiliser le jeune public au 7e art. Sa 29e édition s’est tenue du 20 au 27 septembre 2025 autour du thème : « Les défis de la distribution des films en Afrique et hors du continent ».
À travers ses œuvres, ses initiatives et son engagement sans relâche, Bassek Ba Kobhio laisse derrière lui un héritage immense pour le cinéma camerounais et africain.
