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« Long chassis » et « Allô maman » : les mères rêvent aussi

Le 9 mai 2026, la salle de spectacle Sita Bella à Yaoundé a accueilli une projection pas comme les autres. À l’écran, la journaliste et réalisatrice Régine Gwladys Lebouda livre un récit intime, entre tradition, maternité et quête personnelle. Nous y étions.

Il est 18 heures lorsque le maître de cérémonie donne le ton d’un moment qui s’annonce intense. Dans la salle, plusieurs figures des médias camerounais ont fait le déplacement : Evelyne Mengue Akoung, Ben Buma Gana, Blaise Testelin Nana, entre autres. Le protocole, bien rodé, installe les invités, pendant que l’ambiance se prépare doucement. Avant les projections, une parenthèse artistique s’ouvre avec la slameuse Tede. Ses textes, entre « terre » et « mère », plongent le public dans une réflexion sensible sur les réalités féminines et sociales. Puis les lumières s’éteignent. La projection peut commencer.

« LONG CHÂSSIS » : LA TRADITION RACONTÉE DE L’INTÉRIEUR

Au cœur de « Long châssis »

Dans ce premier court-métrage, Régine Gwladys Lebouda nous plonge dans l’histoire d’une femme qui, après quinze années de vie commune et plusieurs enfants, voit enfin son union officialisée par une demande en mariage. À travers une narration à la première personne, la réalisatrice donne à voir les subtilités de la dot dans les traditions Bantou. Entre chants, youyous et interventions familiales, le film restitue avec justesse un moment profondément ancré dans les réalités culturelles.

Le spectateur, même extérieur à cette famille, se sent rapidement concerné. L’intime devient collectif. Et l’histoire d’une femme résonne comme celle de nombreuses autres.

« ALLÔ MAMAN : L’ABSENCE, L’AMOUR, LES SACRIFICES »

« Allô Maman »

Après une courte transition, place au second film. Sur scène, une petite fille capte immédiatement l’attention. « Je m’appelle Anna Livia, j’ai 7 ans », commence-t-elle, avant que l’émotion ne prenne le dessus. La salle, déjà touchée, l’encourage. La projection débute.

« Allô maman » raconte l’histoire d’une mère contrainte de partir en France pour poursuivre ses ambitions, laissant derrière elle sa fille de cinq ans. Une séparation difficile, marquée par le manque, mais aussi par l’espoir d’un avenir meilleur. À travers des images personnelles, des échanges intimes et une narration sincère, la réalisatrice expose sans filtre ses peurs, ses doutes et ses sacrifices. Elle offre un regard rare sur la maternité, entre amour profond et renoncements silencieux.

RACONTER SES HISTOIRES, POUR MIEUX SE COMPRENDRE

Au-delà des projections, la soirée s’est poursuivie par des échanges avec la presse. Régine Gwladys Lebouda y a défendu une conviction forte : « Il est urgent de raconter nos propres histoires, par nous-mêmes et pour nous-mêmes. » Un message qui dépasse le cadre du cinéma. Car à travers ces récits personnels, c’est une réalité universelle qui se dessine : celle d’expériences humaines capables de résonner bien au-delà de leur contexte d’origine.

Dans une salle silencieuse puis émue, une chose est devenue évidente : raconter, c’est aussi relier.

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