Trois décès, un navire de croisière, et une inquiétude qui ressurgit. En ce mois de mai 2026, l’Hantavirus refait parler de lui après plusieurs cas signalés à bord du MV Hondius. Rare mais potentiellement mortel, ce virus transmis par les rongeurs rappelle que, dans un monde interconnecté, les menaces sanitaires n’ont jamais totalement disparu.
UNE ALERTE VENUE DU LARGE
Tout commence à bord du MV Hondius. Dans les jours qui suivent le début de la croisière, plusieurs passagers développent des symptômes inquiétants, notamment de la fièvre, des douleurs musculaires et des troubles respiratoires. Parmi eux, un Néerlandais de 70 ans, premier décès recensé. Son épouse, âgée de 69 ans, succombe à son tour quelques jours plus tard.
Au total, trois morts sont enregistrés, tandis que plusieurs autres cas d’infection à l’Hantavirus sont confirmés parmi les passagers. Rapidement, les autorités sanitaires se mobilisent. Près de 90 personnes considérées comme contacts à risque ont été identifiées et sont actuellement suivies dans plusieurs pays, dont la France, les États-Unis, le Royaume-Uni et les Pays-Bas.
L’HANTAVIRUS, QU’EST CE QUE C’EST ?
L’Hantavirus appartient à une famille de virus transmis principalement par certains rongeurs infectés. Les rats contaminés libèrent le virus dans leur urine, leurs excréments ou leur salive. L’être humain peut être infecté en inhalant des particules contaminées présentes dans l’air, surtout dans des endroits fermés ou poussiéreux. La souche actuellement surveillée est le virus des Andes, une forme particulièrement redoutée car elle peut, dans de rares cas, se transmettre entre humains.
DES SYMPTÔMES PROCHES DE CEUX DE LA COVID-19
Au départ, rien d’alarmant.
Fièvre, maux de tête, douleurs musculaires, nausées… Les premiers signes ressemblent à ceux d’une infection virale classique, voire à ceux de la COVID-19. Mais l’évolution peut être brutale. Dans les formes les plus sévères, le virus provoque un œdème pulmonaire ou des hémorragies importantes, pouvant entraîner la mort en l’absence de prise en charge rapide. Le taux de létalité varie fortement selon les régions : faible en Europe et en Asie, il peut atteindre jusqu’à 50 % sur le continent américain.
FAUT-IL S’INQUIÉTER ?
À ce stade, les spécialistes se veulent mesurés. Le risque d’une pandémie mondiale est jugé limité. Les nouvelles contaminations semblent diminuer, et plusieurs tests récents se sont révélés négatifs. Pour autant, la vigilance reste de mise. Les autorités rappellent l’importance des gestes de prévention : limiter la présence des rongeurs dans les habitations, éviter de remuer la poussière dans des zones à risque et adopter des règles d’hygiène strictes, notamment lors des nettoyages.
UN RAPPEL DISCRET, MAIS ESSENTIEL
Plus qu’une crise sanitaire imminente, cet épisode agit comme un signal. Celui d’un monde où les maladies émergentes continuent de circuler, portées par les mobilités humaines et les déséquilibres environnementaux.
Pour l’heure, l’Hantavirus semble contenu.
Mais il rappelle, en filigrane, une réalité désormais bien connue : la vigilance sanitaire est devenue une constante de notre époque.
Crédit Photo : 20 Minutes
